
Il s'agit du Centre de fabrication de produits biothérapeutiques (CFB), une installation de biofabrication financée par BioCanRx et intégrée à L'Hôpital d'Ottawa. Depuis 15 ans, il joue un rôle essentiel dans la transition des produits biologiques, ou médicaments vivants issus de virus et de produits cellulaires thérapeutiques, du laboratoire à la clinique. Le CFB est unique en son genre au Canada ; depuis sa création, il fabrique ce type de thérapies biologiques destinées aux essais cliniques de phase précoce, et la demande pour ses services et son expertise unique n'a jamais été aussi forte.
Les services du BMC répondent à un besoin et contribuent à combler cette lacune dans le processus de développement, de l'idée au traitement approuvé. La première étape de ce processus implique qu'un chercheur développe un produit biologique en laboratoire et le teste sur des animaux. Cependant, les normes pour tester un nouveau produit biologique chez l'homme sont bien plus strictes que pour les animaux. Pour pouvoir tester une nouvelle thérapie biologique chez l'homme, il faut un type de recherche entièrement différent, axé sur le développement d'un procédé de fabrication sûr et efficace. C'est là que le BMC intervient.
Le développement de procédés (DP) transforme l'innovation du laboratoire en un produit pouvant être fabriqué à une échelle et avec un niveau de pureté acceptables pour la consommation humaine. Il crée le manuel d'instructions étape par étape qui servira à fabriquer le produit conformément aux Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), une norme internationale garantissant la sécurité d'utilisation chez l'homme.
Ce domaine de recherche est très coûteux et présente également un risque très élevé. Comme le souligne le Dr Quizi, chercheur à l'Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa et directeur du Programme de fabrication de virus au BMC, « la transposition des études animales à l'humain ne fonctionne pas toujours comme on l'espère. » De plus, ce domaine de recherche manque de financement et est souvent considéré comme une véritable vallée de la mort pour la recherche translationnelle.
C'est pourquoi le Canada a besoin d'installations comme le BMC. Fort de son expérience en matière d'essais cliniques au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie, et fort de son équipe de plus de 40 personnes hautement qualifiées, le BMC possède l'expertise, l'expérience et les procédés existants pour fabriquer rapidement et à moindre coût, conformément aux BPF, ces médicaments vivants destinés aux essais sur des humains. Ce faisant, le BMC contribue à la création d'emplois innovants et à la croissance économique au Canada. En plus d'offrir ses services aux chercheurs universitaires, le BMC collabore également avec des entreprises en démarrage et des grandes entreprises de biotechnologie. Pouvoir offrir ces services ici au Canada est essentiel pour que ces entreprises puissent s'y maintenir et y croître, car, comme le souligne le Dr Quizi, « elles iront là où se trouve la biofabrication ».
De plus, le BMC possède deux installations de fabrication conformes aux BPF à L'Hôpital d'Ottawa, l'une pour les virus et l'autre pour les cellules vivantes. Selon le Dr Quizi, cela est « relativement inédit dans un milieu universitaire, et nous sommes impatients et prêts à élargir nos activités et à en faire davantage ».
En effet, au cours de ses 15 premières années, le BMC a produit 13 types différents de cellules et de virus dans des domaines tels que les immunothérapies contre le cancer, les thérapies CAR-T, les cellules souches mésenchymateuses, les adénovirus pour la thérapie génique et les vaccins contre la COVID-19.
C'est ce dernier point, et la pandémie en général, qui a mis en évidence l'importance de cette capacité de production au Canada – et son manque criant. Disposer d'une usine autonome et fonctionnelle signifie que lorsque cette capacité devient vitale, par exemple en cas de pandémie, elle est prête à fonctionner.
En fin de compte, le meilleur établissement du monde ne peut fonctionner sans les meilleurs collaborateurs. Et, explique le Dr Quizi, « nous avions beaucoup de mal à trouver les profils adéquats. »
Le BMC a donc décidé de constituer sa propre équipe. Un partenariat a été conclu avec le Collège Algonquin d'Ottawa, l'Université d'Ottawa, Mitacs et BioCanRx pour créer CanPRIME, un stage rémunéré de huit mois qui offre aux participants une formation sur tous les aspects de la fabrication dans un environnement BPF. Les étudiants effectuent une partie de leur stage en alternance dans les différents services du BMC, se familiarisant avec tous les aspects, du développement de procédés et d'essais au contrôle et à l'assurance qualité, en passant par la production. Après avoir pu tout tester, ils peuvent ensuite choisir de consacrer le reste de leur temps au domaine qui les intéresse le plus.
Le programme en est maintenant à sa troisième cohorte de cinq participants, et bon nombre des dix participants précédents travaillent désormais à temps plein au BMC à un emploi dont ils savent déjà qu'ils vont profiter grâce à CanPRIME.
« Dans la fabrication de produits biologiques, en raison de leur complexité, nous considérons le processus comme le produit. Mais j'irais plus loin en affirmant que ce sont les personnes qui constituent le processus. Sans ces personnes hautement qualifiées, il n'y a pas de produit », explique le Dr Quizi. Et le produit signifie que les patients auront accès aux thérapies dont ils ont besoin, qu'il s'agisse d'immunothérapies contre le cancer, de nouveaux traitements pour les maladies rares ou de toute autre affection de plus en plus fréquente qui commence à être traitée avec succès par les produits biologiques.