EDI

Enseigner les biothérapies contre le cancer dans le Nord

Inspirer la prochaine génération de chercheurs

 

Par Curtis McCloskey, candidat au doctorat, boursier Vanier

 

Il faut bien moins de six degrés de séparation pour trouver une personne atteinte d'un cancer. L'humanité lutte contre cette sombre menace depuis des siècles et je crois que nous sommes enfin arrivés à un point où nous assisterons à une augmentation rapide et significative des nouveaux traitements disponibles grâce à l'avènement des biothérapies contre le cancer. J'ai toujours trouvé le système immunitaire particulièrement intéressant, peut-être en regardant L'autobus magique ou Bill Nye, le scientifique, ou grâce aux nombreux excellents professeurs de sciences que j'ai eus. Maintenant, après quatre ans de doctorat, ou 21e année comme je plaisante habituellement, j'étudie dans le laboratoire de la Dre Barbara Vanderhyden à l'Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa. Nos recherches portent sur le développement de nouvelles thérapies pour traiter les cancers de l'ovaire, les cancers gynécologiques les plus mortels en Occident, une statistique inchangée depuis des décennies. Les cancers de l'ovaire sont considérés comme des cancers « immunogènes », autrement dit, des cancers qui ont un fort potentiel de réponse aux biothérapies. Notre laboratoire s’intéresse à plusieurs types de biothérapies contre le cancer, notamment les virus oncolytiques, les vaccins contre le cancer et les thérapies par anticorps que nous testons avec enthousiasme dans nos modèles animaux précliniques de cancers de l’ovaire.

 

Curtis et Fletcher
Sur la photo ci-dessus, Curtis McClowskey dirige un atelier « Parlons sciences »
pour les jeunes.

En tant que chercheurs en cancérologie, il est de notre devoir non seulement de développer de nouveaux traitements, mais aussi de laisser tomber la blouse blanche et de participer à la vulgarisation scientifique dans les écoles, les centres communautaires et les lieux publics, afin de diffuser les connaissances et d'inspirer les jeunes à se joindre à nous dans notre quête évolutive pour vaincre le cancer. Tout au long de mon doctorat, j'ai eu la chance d'échanger avec des jeunes partout au Canada en animant des ateliers sur le cancer et les carrières auprès de plus de 3000 12 élèves grâce à un programme national de bénévolat appelé Parlons sciences. L'an dernier, avec l'aide de BioCanRx, notre équipe a mis au point un nouvel atelier qui enseigne le domaine des biothérapies contre le cancer aux élèves de la 10e à la 12e année du secondaire. Notre atelier sur les biothérapies contre le cancer est une activité d'équipe pratique et amusante qui amène les élèves à identifier les différences entre les cellules cancéreuses et non cancéreuses afin d'exploiter ces différences pour développer de nouvelles biothérapies contre le cancer. Jusqu'à présent, cet atelier a été présenté à plus de 500 élèves partout au Canada, notamment à 200 km au-delà du cercle polaire arctique, à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest ! J'ai eu la chance de visiter Inuvik à deux reprises au cours des deux dernières années. Pendant une semaine, nous visitons chaque classe de la ville et proposons des ateliers, de la maternelle à la terminale, sur des sujets tels que l'aérodynamique, la santé cardiaque, la cartographie des fonds marins et, bien sûr, le cancer. Un de mes cours préférés était celui où les élèves apprenaient et mettaient en pratique les connaissances autochtones sur la vie en milieu naturel. J'ai animé un séminaire sur le cancer, axé sur le fait que nombre des biotechnologies que nous utilisons en laboratoire proviennent de l'étude de la nature. Par exemple, nous avons exploité les gènes responsables de la lueur des lucioles pour faire briller nos virus oncolytiques et ainsi les suivre lors de nos expériences précliniques.

 

Je suis un fervent défenseur de l'égalité d'accès à l'éducation partout au Canada, ce qui implique l'accès à des programmes stimulants comme Parlons Sciences, qui favorise l'apprentissage des STIM. Mon bénévolat m'a amené à visiter quatre communautés autochtones, dont les communautés ojibwées du Nord de l'Ontario et les communautés inuvialuites et gwich'in des Territoires du Nord-Ouest. Les communautés autochtones sont confrontées à des taux de cancer nettement plus élevés que le reste de la population canadienne, et je crois qu'il est extrêmement important de diffuser les connaissances sur le cancer à tous les jeunes de ce pays, au-delà des grands centres urbains. Grâce à Parlons Sciences et à BioCanRx, nous avons maintenant commencé à offrir notre atelier sur le cancer dans de nombreuses communautés rurales et autochtones du Canada. J'ai bon espoir que nos recherches et notre sensibilisation scientifique inspireront la prochaine génération de chercheurs en cancérologie aux quatre coins du Canada !